Constantin Andronikof : une courte biographie

En 1953, avec André Kaminker, chef interprète du Conseil de l’Europe et Hans Jacob, chef interprète de l’Unesco, Constantin Andronikof fonde l’Association Internationale des Interprètes de conférence.

Constantin Andronikof

Petrograd (Saint-Pétersbourg), 16 juillet 1916-Paris, 12 septembre 1997. Cofondateur de l’AIIC et Président de 1956 à 1963. A : français, russe, B : anglais.


Né dans une famille de princes géorgiens, Constantin Andronikof arrive à Paris en 1920, à l’âge de quatre ans, via Constantinople et Bordeaux, avec sa mère et sa grand-mère.

Après des études secondaires au Seaford Collège en Grande-Bretagne puis à École Gerson et au Lycée Janson-de-Sailly à Paris, enfin des études universitaires à la Sorbonne, les connaissances linguistiques de Constantin Andronikof l’amènent à faire des traductions littéraires d’auteurs russes, essentiellement religieux.

Pendant les années 1936-1937, il a un premier job comme « trafic officer » pour British Airways, à l’aéroport du Bourget.

Engagé volontaire en 1939, d’abord au bataillon des EOR (Élèves officiers de réserve) à Fontainebleau, puis dans les Écoles de pilotage à Versailles et au Maroc, démobilisé en 1940, Constantin Andronikof entreprend alors des études à l’Institut de théologie orthodoxe Saint Serge et obtient une licence de théologie. Il continue d’écrire et de traduire, tout en enseignant la littérature française au lycée russe à Boulogne-sur-Seine. Sa production philosophique personnelle se poursuivra tout au long de sa vie.

En 1946, Constantin Andronikof épouse Natalie de Couriss, Russe comme lui. Trois enfants naissent de leur union, Emmanuel, Anne et Marc.

La carrière de Constantin Andronikof en tant qu’interprète de russe et d’anglais au service du gouvernement français commence au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Il obtient alors un poste d’interprète contractuel au Ministère des Affaires étrangères. À cette époque, il a encore le statut de réfugié russe. Le Ministre des Affaires étrangères de l’époque, Georges Bidault, lui fait obtenir la nationalité française en 1947, à la veille d’une conférence à Moscou. Cette même année, Andronikof devient titulaire du poste d’Interprète officiel du Ministère des Affaires étrangères. À ce titre, il interprète le russe et l’anglais pour les officiels français à toutes les rencontres diplomatiques et conférences internationales de 1945 à 1958.

En 1948 Andronikof est détaché par le Ministère des Affaires étrangères à l’Organisation européenne de coopération économique (OECE), qui venait d’être créée à Paris, au Château de la Muette, dans le cadre du Plan Marshall. Il en a dirigé le service de l’interprétation jusqu’en 1952, quand il a repris ses fonctions au Ministère. Pendant ces quatre années Constantin Andronikof a formé de nombreux interprètes, qui ont aussi fait partie des premières légions de l’AIIC. C’est d’ailleurs au cours d’un déjeuner en 1951, où il avait convié André Kaminker et Hans Jacob au Château de la Muette, que les bases de la future association ont été jetées.

Et c’est ainsi qu’en novembre 1953, avec deux collègues, André Kaminker, chef interprète du Conseil de l’Europe et Hans Jacob, chef interprète de l’Unesco, Constantin Andronikof fonde l’Association Internationale des Interprètes de conférence. Il en est le président de 1956 à 1963. Les dispositions régissant la profession d’interprète de conférence, arrêtées pendant la présidence de Constantin Andronikof, constituent encore soixante ans plus tard le fondement de l’AIIC.

Avec la nouvelle constitution de 1958, Constantin Andronikof obtient le titre d’Interprète officiel du Président de la République et du Gouvernement. Il sera présent à toutes les conférences politiques entre la France et des pays anglophones et russophones jusqu’en 1976, date à laquelle il quitte volontairement son poste d’interprète officiel au Ministère des Affaires étrangères. Il choisit alors de poursuivre sa carrière en free-lance, à l’ONU, l’UNESCO, l’ONUDI et l’OCDE, parmi d’autres organisations internationales. Il arrête définitivement l’interprétation de conférence en 1991.

Dès le début des années cinquante, Andronikof enseigne l’interprétation de conférence, d’abord à l’Ecole d’interprètes de HEC, puis à l’École supérieure d’interprètes et de traducteurs (ESIT) de 1961 à 1975.

Pendant toute sa carrière d’interprète diplomatique, Constantin Andronikof reste très impliqué dans la vie de la paroisse orthodoxe Saint Serge à Paris. Il occupera la chaire de théologie liturgique à l’Institut Saint Serge où il soutient sa thèse de théologie Le cycle pascal en 1980. Il est le doyen de l’Institut de 1991 à 1993.

En 1975 il crée aux Éditions l’Age d’Homme la collection Sophia – pensée et religion, où seront publiées les œuvres majeures de théologiens orthodoxes russes du XXe siècle, qu’il traduit et ne cessera de faire connaître en Occident.

La grande rigueur intellectuelle de ce diplomate, homme de foi, érudit et humaniste, ne l’empêchait pas d’aimer la camaraderie au sein de l’Association, les romans policiers et le whisky single malt.

Constantin Andronikof était Commandeur de la Légion d’Honneur.

 



Recommended citation format:
Anne-Marie WIDLUND-FANTINI. "Constantin Andronikof : une courte biographie". aiic.co.uk October 30, 2017. Accessed December 13, 2017. <http://aiic.co.uk/p/8353>.